
Communicant reconnu, auteur de plusieurs livres de référence et fort de 35 ans de direction de la communication dans le public comme au sein de grands groupes, Frédéric Fougerat préside aujourd’hui Tenkan Paris, agence spécialisée en communication de crise, image et réputation de personnalités sensibles. Et depuis une polémique sur LinkedIn en 2024, il s’impose comme l’un des défenseurs engagés de l’objet média.
Vous êtes aujourd’hui un ambassadeur de l’objet média, mais cela n’a pas toujours été le cas…
Je vais vous raconter comment tout a commencé. Sur les réseaux sociaux (NDLR : Frédéric Fougerat possède près de 50 000 abonnés sur LinkedIn), je valorise les métiers de la communication et leur rôle stratégique. Or, on parle très peu de l’objet média, y compris dans les écoles de communication. C’est aussi pour cette raison que j’aide aujourd’hui la 2FPCO à rendre ce secteur plus visible.
Mais pour revenir sur la polémique, l’histoire remonte à un post publié il y a presque deux ans. J’y expliquais que l’objet média n’est pas un gadget… lorsqu’il est utile. Je faisais référence à l’époque où on appelait encore ces objets des « gadgets », avant de passer aux « goodies », puis aux « objets média ». Mon intention était simple : rappeler qu’en communication, tout doit avoir du sens. Communiquer, c’est produire de l’intelligence, pas seulement fabriquer des outils. Et un outil n’a d’intérêt que s’il sert à raconter une histoire.
Certains ont vivement réagi à mon post, mais d’autres professionnels ont compris l’intention réelle, dont Antony Villeger, alors président de la 2FPCO, et Laurent Bourasseau, l’un de ses vice-présidents. Ils m’ont contacté pour envisager une collaboration afin de promouvoir l’objet média. Nous nous sommes rencontrés, j’ai trouvé leur approche intelligente et nous avons commencé à réfléchir à des actions communes pour mieux valoriser ce média.
Quelles sont les initiatives que vous avez mises en place avec la 2FPCO ?
Notre première action est simple : parler de l’objet média dès que c’est pertinent. Je l’évoque régulièrement dans mes prises de parole, dans mes interventions et dans mes écrits.
Dans mon dernier livre, C’est de la com ! 60 idées reçues, j’ai consacré une page à démonter la fausse idée selon laquelle « les goodies sont des gadgets inutiles ». J’ai également proposé aux auteurs du Communicator d’intégrer une page dédiée dans la 10ᵉ édition, parue en 2025.
Depuis, j’en parle aussi dans mes conférences et lors de mes interventions auprès d’étudiants. Peu à peu, nous créons des occasions avec la Fédération pour remettre l’objet média à sa juste place dans la communication.
Par exemple, lors du salon Affaire de cadeaux à la Porte de Versailles, en novembre dernier, nous avons organisé un « Apérobjet » rassemblant directeurs de la communication et communicants pour repositionner l’objet média dans une vision stratégique.
Dans quel cadre intervenez-vous aujourd’hui pour promouvoir l’objet média ?
Il est important de préciser qu’il n’existe ni partenariat formel, ni relation commerciale entre la 2FPCO et moi. Je ne suis pas rémunéré pour cela. Ils n’ont pas eu besoin de me convaincre non plus. Nos échanges m’ont simplement permis de réaliser que j’avais parfois sous-estimé certains enjeux liés à ce média, même si j’en percevais déjà les dimensions utiles, affectives ou pratiques. La collaboration m’a ouvert les yeux sur la richesse réelle de ce secteur.
Selon vous, quel pouvoir d’influence possèdent l’objet et le textile promotionnels ?
C’est assurément un média à part car il n’est pas agressif, et il est durable. Quand vous êtes exposé à un objet, qui vous est utile, en permanence sur votre bureau ou dans votre salle de réunion, vous avez cette marque sous les yeux à chaque seconde. Cet aspect-là est unique.
Personnellement, j’ai souvent utilisé des parapluies. Leur durée de vie, donc leur utilisation et la capacité à diffuser la marque, peut s’étendre sur plusieurs années. Et si l’on en commande pour un événement en extérieur qui se déroule finalement sous un beau soleil, ils deviennent une ressource disponible pour accueillir des visiteurs un jour de pluie. On offre alors à la fois une solution pratique et un objet durable. La clé, c’est de choisir pour sa cible, le bon objet, pour le bon usage, au bon moment C’est aux communicants d’être créatifs sur ce point-là, c’est leur métier.
Que reste-t-il à accomplir pour que ce média soit pleinement reconnu ?
La 2FPCO est très proactive. Elle doit poursuivre sur cette lancée, continuer à s’ouvrir et à nouer des partenariats comme celui que nous avons entamé. L’objectif est de faire reconnaître la profession non pas comme un simple secteur business, mais comme un acteur à part entière du paysage de la communication. Selon moi, le vrai défi consiste à faire en sorte que les communicants ne gèrent plus l’objet média de manière instinctive, mais de manière réfléchie et stratégique, en conscience. C’est sans doute là que se situe le prochain chantier.
Frédéric Fougerat en 9 ouvrages
Auteur prolifique, Frédéric Fougerat a publié neuf ouvrages aux éditions Bréal, dont son dernier titre paru fin 2025, C’est de la com ! 60 idées reçues. On lui doit également Un manager au cœur de l’entreprise, Le Dico de la Com, Le goût des autres, mes recettes de manager, Un DirCom n’est pas un démocrate, La Com est un métier, Anthologie de la Com ou encore L’élégance n’est pas une option – Questions de management, édités chez Bréal by Studyrama. Ses livres sont lus dans 25 pays. En 2021, le magazine Forbes l’a classé numéro 1 des décideurs les plus influents en France.

