Marque emblématique du verre français, Duralex fait une entrée remarquée dans l’objet média. En s’alliant à l’agence Dream Act, l’entreprise industrielle engage un dialogue riche avec le marché BtoB, entre relocalisation, exigence technique et récit industriel. Décryptage d’un partenariat qui dépasse le simple produit pour interroger l’avenir de la filière promotionnelle.
Derrière l’annonce récente du rapprochement entre Duralex et Dream Act se cache en réalité une convergence de valeurs patiemment construite. Depuis plusieurs années, l’agence parisienne Dream Act œuvre à réindustrialiser l’objet média en s’appuyant sur des fabricants français emblématiques. Et Duralex, marque iconique du patrimoine industriel tricolore, s’est imposée comme une évidence. « Le changement, s’il doit avoir lieu, doit passer par un changement industriel », résume Cécile Fougerouse, fondatrice de Dream Act. Une conviction qui guide les choix de sourcing de l’entreprise : plus de 60 % de ses achats sont aujourd’hui réalisés sur des produits fabriqués en France, aussi bien auprès d’ateliers artisanaux que d’industriels.
Personnaliser sans dénaturer le produit
Les premières commandes de produits Duralex chez Dream Act remontent à 2024, via des opérations ponctuelles. Une phase de test grandeur nature qui a permis de mesurer l’appétence du marché BtoB pour ces objets du quotidien devenus symboles collectifs. Verres « Le Gigogne » ou « Le Picardie », bols, assiettes, vaisselle et solutions de conservation : la richesse de la gamme Duralex dépasse largement l’image réductrice du « verre de cantine ». Aujourd’hui, le partenariat se formalise : Dream Act devient distributeur officiel des produits Duralex pour le marché promotionnel et corporate.
La singularité de Duralex repose sur son verre trempé, reconnu pour sa résistance exceptionnelle. Un atout industriel protégé par un brevet, qui impose des contraintes techniques fortes dès lors qu’il s’agit de marquer les produits. « Le marquage ne doit en aucun cas altérer la résistance du verre », insiste Cécile Fougerouse. Des tests approfondis ont donc été menés afin de valider des procédés compatibles avec les exigences de la marque. La gravure laser, moins intrusive que la chromographie nécessitant une cuisson à haute température, a été privilégiée après validation technique. Ce travail d’ingénierie invisible illustre la philosophie du partenariat : respecter l’ADN industriel de Duralex tout en l’adaptant aux codes et usages de l’objet.
Un signal fort pour la filière
Au-delà du produit, Dream Act revendique aussi une affinité forte avec l’histoire sociale de Duralex. Reprise en SCOP (Société coopérative de production) par ses salariés, la verrerie incarne une autre vision de l’entreprise : collective, engagée et ancrée dans son territoire. « C’est plus qu’un fabricant made in France, c’est une SCOP, avec une histoire humaine très forte », souligne Cécile Fougerouse. Une dimension qui résonne avec l’ADN de Dream Act, elle-même financée à ses débuts via la plateforme d’investissement citoyen Lita.co… la même qui a récemment accompagné Duralex dans sa levée de fonds publique.
Cette volonté de raconter l’industrie se traduit aussi par des initiatives événementielles. Lors du Salon du Made in France de l’Objet Média organisé pour les 10 ans de Dream Act, à l’automne dernier, Duralex était présente avec ses moules de fabrication, exposant concrètement les coulisses de la production. « On ne parlait pas seulement de fabrication française, mais de comment les produits sont fabriqués, d’où viennent les matières, etc. », explique Cécile Fougerouse. Une approche pédagogique qui dépasse la simple promesse marketing, afin de redonner du sens à l’objet. Dans un secteur longtemps dominé par l’importation asiatique, l’alliance entre une marque patrimoniale et une plateforme engagée ouvre une voie alternative : celle d’un objet publicitaire durable, traçable et porteur d’histoire.


