Il y a un an, Stanislas Confavreux, dirigeant de SCX, reprenait le fournisseur historique Boomerang, éditeur de la marque Citizen Green. Où en est l’intégration aujourd’hui ? Quels changements ont été opérés ? Quels résultats sont déjà visibles ? Stanislas Confavreux et Max Lebon, responsable commercial chez Boomerang, reviennent sur cette première année de collaboration entre deux acteurs français reconnus de l’objet média premium et responsable qui, tout en partageant des valeurs communes, souhaitent conserver un positionnement distinct.
Rétrospectivement, quelles sont les grandes raisons qui vous ont convaincus de ce rapprochement ?
Stanislas Confavreux : Il existe un ADN commun aux deux marques Citizen Green et SCX : elles développent leurs propres produits. Nous dessinons, concevons et faisons évoluer nos offres. Cette culture de la création, de la qualité et de l’originalité constitue un véritable point de convergence. Ce qui nous a également séduits chez Boomerang, c’est son rôle de pionnier sur les sujets environnementaux. La marque Citizen Green a été parmi les premières à porter fortement les enjeux RSE dans notre secteur.
Max Lebon : Nous avons lancé les premiers produits Citizen Green dès 2007. Aujourd’hui, toute notre offre repose sur des matières et des approches responsables. Et cette démarche va bien au-delà des matériaux. Elle englobe aussi les lieux de fabrication, les circuits d’approvisionnement et la proximité industrielle.
Pourquoi avoir choisi de maintenir deux structures indépendantes ?
S. C. : Il est en effet important de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une fusion. Dès le départ, l’objectif n’était pas de mélanger deux catalogues, mais de faire coexister deux offres complémentaires, avec des équipes différentes et des sites web distincts. Les expertises et les positionnements sont différents. SCX est fortement identifiée sur des produits technologiques, premium et design. Boomerang est reconnue pour son offre de production locale et responsable. Nous estimons qu’il est plus simple pour les distributeurs de s’y retrouver avec deux univers clairement identifiés.
M. L. : Changer trop brutalement aurait pu créer de la confusion et nous voulons l’éviter à tout prix. Aujourd’hui, chacun sait précisément ce qu’il vient chercher chez SCX ou Citizen Green. Et pour les équipes Boomerang, un élément essentiel est que l’ADN de l’entreprise a été préservé. C’est précisément ce qui a motivé cette reprise : conserver notre culture PME, notre expertise du made in France, du made in Europe et du responsable.
Quels ont été les principaux changements opérationnels au cours de cette première année ?
S. C. : Nous avons rassemblé les équipes SCX et Boomerang pour la communication et les fonctions supports comme l’informatique et la finance. Mais le chantier le plus important concerne le marquage. Nous souhaitions hausser le niveau de service et proposer une offre intégrée, avec un interlocuteur unique, des délais plus courts et une meilleure maîtrise logistique. Cela s’est traduit par un transfert massif de stock vers l’entreprise Pubos, le nouveau partenaire marquage de Boomerang basé en périphérie de Lille, et par une réorganisation complète du flux de personnalisation.
M. L. : Historiquement, nous faisions déjà réaliser 100 % du marquage en France, mais avec plusieurs partenaires. Aujourd’hui, le marquage devient un véritable axe stratégique. Le fait d’avoir rapproché physiquement les stocks et les équipements nous permet de gagner en efficacité tout en conservant une fabrication française. Les délais ont été fortement réduits, avec un engagement d’expédition sous 5 jours maximum, et les coûts sont optimisés. Nous sommes désormais compétitifs face à certaines plateformes européennes tout en revendiquant un marquage 100 % français.
S. C. : Le défi logistique était important. Nous avons déplacé près de 2 000 palettes, mis en place une nouvelle organisation et lancé un nouveau partenariat de marquage, le tout pendant la haute saison, en fin d’année 2025. Pourtant, l’opération s’est déroulée sans incident ni nuisance pour nos clients. C’est une véritable performance collective des équipes Boomerang, Pubos et de l’ensemble des partenaires impliqués.
Les outils logiciels de Boomerang ont également évolué…
S. C. : Nous avons déployé SAP dès la reprise et développé, en interne, un nouveau site internet proposant toutes les dernières fonctionnalités attendues par nos clients. Aujourd’hui, ils peuvent réaliser leurs maquettes et BAT en ligne, et suivre précisément leurs commandes étape par étape.
M. L. : C’était une attente forte des équipes Boomerang. Le passage aux systèmes utilisés par SCX a constitué un changement assez net et extrêmement bénéfique.
S. C. : Un showroom commun est aussi désormais ouvert à Paris, accessible à nos clients agences et à leurs propres clients. De nombreux rendez-vous ont lieu avec les annonceurs, mais aussi des JPO organisées par nos clients avec l’accueil d’autres fournisseurs.
L’international faisait-il également partie des priorités ?
S. C. : Oui, car Boomerang réalisait historiquement une part limitée de son activité à l’export. L’un des objectifs était donc de donner à Citizen Green une véritable dimension européenne. Grâce à un partenariat que nous avons mis en place avec PF Concept, une quarantaine de commerciaux présentent désormais en exclusivité les produits Citizen Green dans de nombreux pays européens, auprès de plus de 10 000 agences. Les débuts sont très prometteurs. Nous avons ouvert 15 pays dans lesquels Boomerang n’avait jamais vendu auparavant. Chez PF Concept, les ventes de produits RSE ont progressé de plus de 50 % depuis le début de l’année et la distribution de Citizen Green s’inscrit dans ce mouvement. Ce partenariat n’est pas nouveau dans l’absolu, car PF Concept était déjà distributeur de SCX en Europe, hors France, Luxembourg et Suisse romande.
Quelle est désormais votre feuille de route ?
S. C. : Le prochain chantier est celui de l’offre. Nous voulons renforcer encore davantage la spécificité des produits Citizen Green. Chaque nouveau développement doit respecter plusieurs critères : une sélection d’usines fiables et auditées socialement, un choix de matières à faible impact environnemental, un développement de produits différenciants et exclusifs, une conception de produits esthétiques, utiles et durables, et une réduction, voire une suppression lorsque c’est possible, des conditionnements unitaires. Notre ambition est de continuer à enrichir l’offre stock et sur-mesure tout en restant fidèles à l’ADN historique de la marque, autour de la RSE et des productions locales.
Sur quels sujets Boomerang a apporté un vrai plus à SCX ?
S. C. : Cela touche notamment à la communication. J’ai toujours considéré que Boomerang possédait une véritable culture de marque et une qualité de communication remarquable. Cet apport a permis à SCX de gagner en professionnalisme sur ces sujets. Il y a également un partage d’expertise autour du made in France, du made in Europe et des démarches responsables qui enrichit SCX.
Peut-on imaginer un jour une fusion entre les deux entités ?
S. C. : Je ne suis pas dogmatique… Si un jour le marché ou l’efficacité opérationnelle le justifient, nous l’étudierons. Mais aujourd’hui, cela n’aurait pas de sens. Nous avons deux marques fortes, des identités clairement reconnues et deux offres complémentaires. Notre priorité reste de les développer tout en préservant ce qui fait leur singularité. Nos distributeurs ont besoin de continuité et de repères. Et pour le moment, cette organisation répond parfaitement à ces objectifs.




