Le Beau Thé change de mains

À La Courneuve, Le Beau Thé entame un nouveau chapitre. Fin octobre 2025, la marque française de thés et infusions personnalisables a été reprise par un jeune duo d’entrepreneurs, Pierre-Henri Soulhiard et Charlotte Sohier. Une transmission dans la continuité, mais avec des ambitions renouvelées sur le marché promotionnel.

Signée le 28 octobre dernier, la vente de Le Beau Thé marque un tournant pour cette entreprise fondée par Marcellin Pelhate et Vy Do, qui a su imposer en quelques années une offre de thés et infusions made in France, écoresponsables et ancrées dans l’univers de la personnalisation. Aux commandes désormais : Pierre-Henri Soulhiard, 28 ans, et Charlotte Sohier, 29 ans, en couple dans la vie comme dans l’aventure entrepreneuriale. Un tandem qui n’est pas issu du monde du thé, mais qui partage une volonté claire. « Nous avions très envie d’entreprendre ensemble, soit en création, soit en reprise. La reprise en France était notre priorité, avec l’idée de partir d’une base saine et déjà structurée », explique Pierre-Henri Soulhiard. 

Passation en saison haute

Avant cette reprise, le jeune dirigeant évoluait dans les métiers de la finance et de l’audit, tandis que Charlotte Sohier s’est formée aux ressources humaines. Deux parcours complémentaires, enrichis par une expérience commune à l’étranger dans le cadre d’un VIE à Madrid, vécue comme une année de transition avant l’entrepreneuriat. C’est au printemps 2025, via une veille active sur les opportunités de cession, que le couple découvre Le Beau Thé. Une évidence. « Le projet cochait beaucoup de cases : un produit tangible, fabriqué en France, responsable, avec une dimension artisanale et un vrai potentiel de développement BtoB », souligne Charlotte Sohier.

Un mois de passation s’est organisé avec les fondateurs, en octobre-novembre, période historiquement la plus chargée pour l’entreprise. Un choix contraint, mais formateur. « On est entrés directement dans le dur, avec des journées de 12 à 13 heures, toutes les problématiques en même temps, mais aussi une montée en compétences extrêmement rapide », raconte Pierre-Henri Soulhiard. L’équipe – cinq salariés, reprise dans son intégralité – constituait un pilier de cette transition. L’enjeu des premières semaines était de créer une dynamique collective et rassurer. « Nous avons voulu construire une vraie synergie, avancer ensemble, sans bouleverser l’ADN de la maison », précise Charlotte Sohier.

Structurer avant d’accélérer

Si Le Beau Thé conserve ses ventes saisonnières auprès des particuliers, l’activité professionnelle reste le cœur du chiffre d’affaires. Un positionnement que les repreneurs entendent renforcer. Les revendeurs d’objets promotionnels demeurent un marché clé, tout comme les commandes corporate personnalisées et, surtout, le secteur CHR et l’hôtellerie. « L’objectif est de sécuriser des volumes, de contractualiser sur l’année et de lisser l’activité, tout en développant des relations de long terme », explique Pierre-Henri Soulhiard.

Basée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), au sein d’une pépinière d’entreprises, la société bénéficie d’un environnement propice à l’échange et à l’accompagnement, particulièrement précieux pour une première aventure entrepreneuriale. La feuille de route est claire : stabiliser l’activité sur la première année, optimiser et automatiser certains processus, augmenter progressivement les capacités de production, et envisager à moyen terme un changement de site plus adapté à la croissance. « Nous voulons préserver ce qui fait la force de Le Beau Thé, tout en lui donnant les moyens de changer d’échelle », résume Charlotte Sohier.

Article écrit par :
Bertrand CLERMONT-GENEVI

Rédacteur en chef C!mag