Walomo : Simon Wahnich prend la relève et accélère l’industrialisation

Le passage de témoin s’est fait en douceur, mais il marque un tournant stratégique. À 34 ans, Simon Wahnich a officiellement pris la présidence de Walomo le 25 novembre dernier. Une transmission familiale assumée, qui s’inscrit dans la continuité des quarante ans d’histoire de l’entreprise tout en ouvrant un nouveau cycle d’accélération touchant à l’industrialisation, au made in France et au développement des gammes.

Simon Wahnich n’a pas pris la direction Walomo sur un coup de tête, loin de là. Il a grandi au plus près de l’entreprise et y travaille depuis dix ans. « Mais en réalité, cela fait 34 ans que je vis au contact de Walomo, aux côtés de mon père et son associé, et j’y ai travaillé dès que j’ai pu tous les étés », explique-t-il. La transmission entre les deux générations s’est faite progressivement, dans une logique familiale assumée. « C’est évidemment une grande fierté aujourd’hui, mais je ne l’aurais pas exigé avant. Je n’aurais pas senti de légitimité sans avoir quelques succès derrière moi. » Or ces dernières années, Simon Wahnich a contribué à la forte croissance de Walomo, portée notamment par le made in France. L’entreprise a ainsi triplé son chiffre d’affaires en cinq ans.

Ambition industrielle

Si Walomo a toujours nourri une certaine ambition, l’entreprise revendique un modèle de développement différent. « Nous sommes aux antipodes de la croissance exacerbée ou de la croissance externe. On ne bride pas nos ambitions, mais on le fait avec nos tripes », martèle Simon Wahnich. Un principe guide la stratégie de l’entreprise : l’indépendance financière. Tous les projets sont autofinancés, afin de conserver une forme d’indépendance. Le projet stratégique central de la nouvelle direction est clair : transformer Walomo en acteur industriel incontournable, au service de la relocalisation. « Nous avons commencé dans les années 1990 en important des produits finis d’Asie. Aujourd’hui, on souhaite se limiter à y acheter des machines et de la matière première, pour vraiment fabriquer en France. » L’objectif est de se réapproprier la chaîne de valeur. Pour structurer cette transformation, Walomo s’appuie notamment sur l’accompagnement de la Bpi et son accélérateur d’entreprises familiales.

Contrairement à certaines idées reçues, Simon Wahnich constate que la relocalisation devient viable économiquement. « Plus on fait, mieux on fait, avance le dirigeant. Nous mécanisons notre appareil industriel à vitesse grand V et les prix de revient deviennent de plus en plus intéressants. » Un exemple concret : le t-shirt, valorisé à environ 8 euros aujourd’hui, alors qu’il tournait autour de 11 euros au début de l’offre made in France. Cette évolution rapproche progressivement les coûts français de ceux d’autres pays européens, comme le Portugal ou l’Espagne. Cette dynamique permet d’envisager un changement d’échelle. « Notre usine sera capable de produire entre 300 000 et 400 000 pièces cette année. L’objectif est d’atteindre le million de pièces », se projette Simon Wahnich. Pour Walomo, la montée en puissance du made in France n’est pas un discours marketing. C’est un fait concret. « On pensait faire 50 % de notre chiffre d’affaires en made in France en 2030… et on va probablement y arriver dès l’année prochaine. »

Vers un modèle « one-stop-shop »

Parallèlement à l’industrialisation, Walomo prépare une refonte de ses gammes. « Nous avons intégré récemment la bagagerie, ainsi que des accessoires textiles sublimés qui font le lien entre nos deux métiers, le textile et la PLV. » L’offre textile va également évoluer, en proposant davantage de vêtements professionnels avec une inspiration plus prêt-à-porter (oversize, couleurs pastel, etc.) Autre évolution notable, l’intégration progressive du marquage. Sur ce terrain, Walomo ne souhaite toutefois pas concurrencer frontalement les spécialistes du secteur. « L’objectif n’est pas de retirer du travail aux marqueurs français, rassure Simon Wahnich. Nous voulons simplement offrir une solution à ceux qui souhaitent une prestation complète. » Cette approche se traduira notamment par un futur configurateur digital, qui offrira une expérience immersive aux clients.

Car la relation avec les distributeurs reste un pilier du modèle Walomo. « Nous les sollicitons dans notre mission d’accélération pour comprendre leurs attentes futures. » La transparence est également une valeur revendiquée. « Quand nous travaillerons avec des marqueurs, nous afficherons clairement avec qui nous collaborons. » Une démarche globale qui vise à renforcer la confiance et éviter l’écueil « du made in France qui ne serait pas vraiment made in France ». À court terme, l’entreprise souhaite même ouvrir ses portes à ses clients. « L’un de nos projets est de créer une usine suffisamment technologique pour que nos clients et les annonceurs puissent venir la visiter », promet le dirigeant.  Enfin, Walomo prépare aussi son développement à l’international, en particulier dans les pays du Nord de l’Europe, comme l’Allemagne et le Danemark. Avec 48 collaborateurs et une ancienneté moyenne élevée, Walomo peut s’appuyer sur une base solide.

Article écrit par :
Bertrand CLERMONT-GENEVI

Rédacteur en chef C!mag